DESCRIPTION :
Le dernier weekend de mai 2026, j’ai participé avec deux coéquipiers à la deuxième édition du Défi 24h en VE, organisé à Montchanin en Bourgogne par le youtubeur Electric Vince et l’association Bourgogne Véhicules Électriques, avec le soutien de la FFAUVE. Le principe ? Parcourir un maximum de kilomètres en 24 heures, recharges comprises, sur routes ouvertes et dans le respect du code de la route. Notre monture : une VinFast VF6 Plus, tout simplement le plus petit véhicule engagé dans la catégorie 24h en VE.
Résultat : 1 674 km avalés en 23 h 41, en pleine canicule. Voici le récit.

LE DÉFI 24H EN VE, C’EST QUOI ?
Cette année, l’événement réunissait une quarantaine d’équipages autour de deux épreuves : le défi 1 000 km, où il faut boucler la distance le plus rapidement possible, et le défi 24h, où il faut parcourir la plus grande distance possible en 24 heures. Départ le vendredi en fin de journée et arrivée le samedi, place Salengro à Montchanin, en Saône-et-Loire. Entre les deux, chaque équipage est totalement libre de son parcours et de sa stratégie, avec une seule règle d’or : rouler sur routes ouvertes en respectant scrupuleusement les limitations de vitesse. Et croyez-moi, il y avait autant de stratégies que d’équipages au départ.
NOTRE ÉQUIPAGE : LA VINTEAM24
Nous étions trois à bord sous la bannière « VINTEAM24 » : Florence Pham, directrice de la communication de VinFast Europe, Christophe Debonne, vice-président de l’AFUVE (Association Francilienne des Usagers de Véhicules Eléctriques), et moi-même, propriétaire d’un VF8 Plus depuis mai 2024 et membre de l’AFUVE. Pour l’occasion, VinFast m’a confié un VF6 Plus, ce SUV compact que je vous avais déjà présenté il y a quelques mois lors de mon road trip en Normandie.

Petit rappel des caractéristiques qui comptent pour ce genre d’épreuve : une batterie de 59,6 kWh utiles, une architecture 400 volts, 204 chevaux et un gabarit de citadine familiale. En face de nous sur la ligne de départ : de gros SUV et de grandes berlines embarquant jusqu’à 110 kWh de batterie, souvent en architecture 800 volts, capables d’encaisser des puissances de recharge bien supérieures aux nôtres. Autant vous le dire tout de suite : nous n’étions pas venus chercher un podium. Sur le papier, le VF6 annonce une recharge de 10% à 70% en 25 min.

C’est d’ailleurs un bon point à souligner pour le VF6 qui a une courbe de recharge aussi linéaire ! Un vrai plateau qui plafonne à 100 kW tout au long d’une recharge jusqu’à quasiment 90%, tant que la température de la batterie le permet. Sur le VF6, vous pourrez maintenir un plateau de charge quasiment plat tant que la température de la batterie n’est ni trop froide l’hiver et ni trop chaude l’été (Le BMS limitera automatiquement la puissance de recharge l’été si la batterie atteint des températures trop élevée par forte canicule).Quand la température de la batterie atteint 43°C, le BMS (Battery Management System) peut intervenir de manière un peu précoce pour réduire un peu la puissance de recharge afin de mieux refroidir la batterie et limiter la surchauffe. C’est un point à prendre en compte lors des départs en vacances par fortes chaleurs avec un véhicule électrique.

Comptez environs un peu moins d’une heure complète si vous souhaitez charger le véhicule à 100%, car la puissance de recharge d’un véhicule électrique est souvent plus lente dans les derniers pourcentage de batterie, d’où la recommandation générale de recharger son véhicule électrique sur autoroute jusqu’à 80% (Toutes marques confondues) pour ne pas encombrer les stations et améliorer le roulement des usagers aux bornes de recharge en période de forte affluence.

CHACUN SA STRATÉGIE
C’est ce qui fait tout le sel de ce défi. Certains équipages sont partis plein nord pour fuir le trafic des autoroutes du sud et la chaleur. D’autres ont filé vers l’ouest pour rouler tranquilles, ou ont tourné en boucle autour de quelques bornes bien choisies, sans péage ni affluence, pour aligner les kilomètres sans encombre. Et les plus joueurs ont carrément rejoint l’Autobahn allemande : pas de limitation de vitesse, des pointes à 200 km/h, et des boucles autour de hubs ultra-rapides où leurs véhicules 800 volts dépassaient les 400 kW en charge.

Et nous dans tout ça ? Avec le véhicule le moins compétitif du plateau sur le papier, courir après les premiers n’avait aucun sens. Notre objectif était ailleurs : prouver qu’un SUV compact comme le VF6 peut enchaîner au moins 1 600 km en 24 heures dans des conditions normales de circulation. Comprenez : avec du trafic, des péages, des zones de travaux, une canicule à plus de 30 °C, la climatisation en continu et de vraies pauses. Bref, rouler comme une famille qui part en vacances d’été, pas comme une équipe de course.
LE PARCOURS : DE LA BOURGOGNE À LA GRANDE BLEUE
Pendant que beaucoup fuyaient la chaleur, nous avons volontairement mis le cap au sud, là où ça bouchonne et où ça cogne.

Départ de Montchanin le vendredi soir, direction Mâcon puis l’A40 vers Genève, bascule sur l’A41 du côté d’Annecy et Chambéry, descente sur Grenoble, puis la vallée du Rhône et l’A8 jusqu’aux portes de l’Italie. Retour ensuite le long de la côte méditerranéenne, remontée de la vallée du Rhône sous 34-35 °C, un crochet par l’A72 et la plaine du Forez, et arrivée à Montchanin le samedi en fin d’après-midi avec 8 % de batterie au passage de la ligne d’arrivée. Au total : 12 arrêts recharge sur tout le spectre des bornes françaises, de la « petite » 50 kW à la borne 400 kW.

Et au beau milieu de tout ça, nous avons assumé un détour qui ne rapportait aucun kilomètre au compteur : une visite à la concession VinFast SIMVA d’Aix-en-Provence, la première à avoir ouvert ses portes en France.

Arrivés à 8 h 55 le samedi matin, nous avons été accueillis par l’équipe sur place pour un petit déjeuner, une visite de la concession et une petite interview filmée à la DJI Osmo Pocket 4 sur le défi en cours.

Pendant ce temps-là, les autres équipages enchaînaient les kilomètres et les recharges… mais ce clin d’œil à la marque faisait partie du voyage, et on ne le regrette pas une seconde.
LES PETITS ALÉAS DU QUOTIDIEN DE L’ÉLECTROMOBILISTE
Choisir l’itinéraire des vacanciers en pleine chaleur estivale, c’était aussi accepter de rencontrer tous les petits tracas que connaissent bien les électromobilistes l’été. Florilège de ce qui nous est arrivé en 24 heures :
- Une station saturée : à Saint-Rambert-d’Albon sur l’A7, la station Ionity affichait complet, avec une borne 350 kW en panne par-dessus le marché. Plutôt que de faire la queue, nous nous sommes branchés sur une borne 50 kW que personne ne voulait. Moins rapide, certes, mais zéro attente : parfois, la borne délaissée est la plus efficace.
- Un badge non reconnu : sur un réseau, l’un de nos badges de recharge n’est pas passé. Heureusement, nous voyagions avec plusieurs badges d’opérateurs différents. C’est LE conseil que je donne à tous les lecteurs : partez toujours avec deux ou trois badges de réseaux différents, toutes les bornes ne sont pas équipées d’un terminal de carte bancaire. Personnellement, je voyage avec trois badge d’opérateur de charge (PlugSurfing, Chargemap, Mobilize)
- Des emplacements hors service : sur une station Ionity et une station Engie, certains points de charge étaient HS. Rien de bloquant : on perd deux minutes, on fait marche arrière, on teste la borne d’à côté. C’est le réflexe à avoir.
- Les nouveaux manchons anti-vol : de plus en plus de stations protègent leurs câbles avec des gaines renforcées de tiges métalliques torsadées pour décourager le vol de cuivre à la disqueuse. Très bien pour la pérennité des stations, mais le câble CCS Combo y gagne un sacré embonpoint : pour une personne âgée ou de petit gabarit, la manipulation devient nettement moins aisée. Un point d’attention pour les opérateurs.

ROULER PAR 34 °C : LA RECHARGE FAÇON VACANCES
Le vrai défi dans le défi, c’était la canicule : entre 30 et 34 °C en journée, avec des pointes à 39 °C sur certaines aires, et la climatisation en continu pour le confort de l’équipage.

Nous avons adopté une stratégie de recharge toute simple, calquée sur ce que ferait une famille en route pour la plage : des arrêts courts et réguliers, en se branchant autour de 10-20 % de batterie et en repartant aux alentours de 60-65 %, c’est-à-dire dans la portion de la courbe où le VF6 charge le plus vite. Chaque arrêt coïncidait avec un relais entre conducteurs, un café ou une pause : le temps de recharge devenait du temps de repos, et inversement.

Et la voiture a parfaitement joué le jeu : le VF6 a atteint à plusieurs reprises ses 95 à 100 kW en pointe, avec une mention spéciale pour les sessions nocturnes, où il a tenu près de 100 kW de 43 % à 88 % de batterie sur une borne Ionity. De quoi avaler les kilomètres sans trop stresser sur l’autonomie d’une compact citadine.

LE BILAN EN CHIFFRES
- 1 674 km parcourus en 23 h 41 d’épreuve officielle (objectif initial : 1 600 km, mission accomplie).
- 20,0 kWh/100 km de consommation moyenne, climatisation comprise, par forte chaleur.
- 3e meilleure consommation de tout le plateau 24h : seules deux Tesla Model 3 ont fait mieux, et derrière nous figurent des berlines et SUV plus récents et nettement plus chers.
- 70,7 km/h de moyenne officielle arrêts compris, soit environ 96 km/h en roulage pur (Régulateur réglé en moyenne à 120 km/h).
- 12 recharges sur des bornes de 50 à 400 kW, avec des pics à 100 kW.
- Éco-score de 721, dans la première moitié du classement efficience toutes catégories confondues (1 000 km et 24h réunis).
Pour situer : les vainqueurs, en 800 volts avec de très grosses batteries, des puissances de recharges de plus de 400 kW, ont dépassé les 2 500 km. Chapeau à eux. Mais avec la plus petite batterie du plateau et un arrêt prolongé chez le concessionnaire Vinfast SIMVA, notre VF6 a fait exactement ce qu’on lui demandait, et même un peu plus.

ALORS, ON RETIENT QUOI ?
Soyons honnêtes : 20 kWh/100 km, ce n’est pas un record absolu, certaines voitures font mieux. Mais rapporté au poids du véhicule, à son équipement, à la climatisation en continu et aux températures caniculaires, c’est une consommation tout à fait raisonnable, qui place ce « petit » SUV compact dans un bon classement face à des concurrents plus récents et plus chers du plateau.

Surtout, ce week-end a démontré ce que nous étions venus prouver : un VF6 Plus, pensé avant tout pour la ville et le périurbain, peut enchaîner 1 674 km en 24 heures dans les conditions les plus exigeantes de l’année, sans changer les habitudes d’une famille en voyage. Trois adultes à bord, des bagages, la clim, des pauses normales : la voiture s’est montrée spacieuse, maniable et agréable à conduire de jour comme de nuit. Pour une acquisition familiale, l’équilibre autonomie/efficience/prix du VF6 mérite clairement le détour.

VINFAST EN FRANCE : LA MARQUE EST BIEN LÀ
J’entends encore régulièrement que « VinFast a quitté l’Europe ». C’est faux. La marque a changé de modèle de distribution début 2025, en fermant ses showrooms en nom propre pour s’appuyer sur des concessions multimarques en franchise. La première, SIMVA à Aix-en-Provence, est précisément celle qui nous a accueillis pendant le défi, et un deuxième point de vente arrive du côté de Toulouse avec le groupe Dallard. Ajoutez à cela le partenariat après-vente avec Norauto et ses centres d’expertise formés aux outils VinFast : la marque vietnamienne est toujours bien présente sur nos routes, et sa participation à un défi d’endurance grand public en est la meilleure preuve.

MOT DE LA FIN
Un grand merci à Electric Vince et à toute l’équipe de Bourgogne Véhicules Électriques pour l’organisation, à la FFAUVE, à l’AFUVE, à l’équipe de la concession SIMVA pour son accueil matinal, et bien sûr à VinFast pour le prêt du VF6 Plus et la confiance accordée à notre équipage. La mobilité électrique est déjà prête pour les grands trajets, même avec un SUV compact. Vivement la troisième édition : on a déjà quelques idées pour aller chercher encore quelques kilomètres de plus…

Cet article reflète mon avis personnel en tant que membre de l’AFUVE et propriétaire d’un VF8 Plus. Le VF6 Plus utilisé pour ce défi est un véhicule de prêt fourni par VinFast pour la durée de l’épreuve. Je ne suis pas rémunéré pour écrire ce contenu.
Liens utiles :
- Le Défi VE de Bourgogne : https://bourgogneve.fr/defi/
- L’annonce de l’épreuve sur Automobile Propre : Défi 24h en VE : la course folle revient ce week-end avec 40 équipages
- VinFast VF6 : https://vinfastauto.eu/fr/vehicles/vf-6
- Mon premier essai du VF6 Plus : VinFast VF6 Plus : Road Trip en Normandie et Premières Impressions après 350 km
- Mon retour d’expérience VF8 : Vinfast VF8 Plus : 13 000 km en France
